Nos propositions de lois

Retrouvez ici l’ensemble des propositions de loi déposées par le groupe CRC. Lire la suite

Abrogation de la loi créant un droit d’accueil au profit des élèves des écoles maternelles et élémentaires

Par / 18 décembre 2008

Mesdames, Messieurs,

La présente proposition de loi tend à abroger la loi n° 2008-790 du 20 août 2008 qui a instauré un service minimum à l’école.

Cette loi a inscrit dans le code de l’éducation, à l’article 133-1, un droit à l’accueil des enfants scolarisés dans une école maternelle ou élémentaire publique ou privée sous contrat pendant le temps scolaire pour y suivre les enseignements prévus par les programmes.

En cas d’absence imprévisible ou de grève d’un enseignant, il appartient à l’Etat de mettre en place un service d’accueil des ces enfants. En cas de grève, lorsque le nombre de personnes ayant déclaré leur intention de faire grève est supérieur ou égal à 25% du nombre de personnes qui y exercent des fonctions d’enseignement, le service d’accueil doit être assuré par la commune.

Cette loi votée en procédure d’urgence est intervenue alors que l’éducation nationale fait l’objet d’importantes restrictions budgétaires avec la suppression de 11200 postes en 2008 et 13500 pour 2009. Une politique budgétaire qui associée à une série de mesures touchant tous les pans de notre service public de l’éducation suscitent l’inquiétude et la forte mobilisation de l’ensemble la communauté éducative - enseignants, chercheurs, lycéens, parents d’élèves.

C’est dans ce contexte que l’Etat a finalement obligé les communes à assumer une partie des conséquences du mécontentement engendré par sa politique. C’est à l’Etat qu’il revient de prendre ses responsabilités pour créer les conditions d’un vrai dialogue social afin d’éviter la grève.

Ce même dialogue social qui est réduit à néant par la circulaire n°2008-11 du 26 août 2008 signée conjointement par le ministre de l’éducation nationale et la ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales. La loi imposait déjà aux personnels concernés de déclarer au moins 48 heures avant la grève, comprenant un jour ouvré, leur intention d’y participer. La circulaire va plus loin encore pour restreindre leur droit de grève puisqu’elle prévoit une sanction disciplinaire pour toute personne qui participerait à un mouvement de grève sans s’être préalablement déclarée gréviste. De plus, cette circulaire indique que les samedis, du fait de la réorganisation du temps scolaire, ne sont plus considérés comme des jours ouvrés. Autant de freins, non prévus dans la loi, à l’exercice effectif du droit de grève.

Il convient d’ailleurs de rappeler, comme cela a été fait par nombre des orateurs lors du débat parlementaire, que la moyenne du nombre de jours de grève à l’éducation nationale oscille dans une fourchette allant de 3 à 4 jours par an. On peut donc légitimement s’interroger sur l’opportunité de légiférer en la matière.

De plus, loin de garantir aux parents la continuité des enseignements, cette loi organise un accueil ne répondant pas en matière d’encadrement aux règles prévues par le code de l’action sociale et des familles, ni à aucune norme clairement définie quant aux qualifications requises des personnels qui sont chargés de ce service. Il est important de rappeler qu’il s’agit tout de même d’encadrer des enfants âgés de 3 à 6 ans.
Les maires sont donc confrontés à un véritable casse-tête pour constituer le vivier des personnes susceptibles d’assurer ce service d’accueil en toute sécurité.
Pour les communes de petites tailles, notamment rurales, il suffit qu’un enseignant soit en grève pour que le seuil des 25%, déclenchant ce service, soit atteint. Ce service est donc inapplicable faute de personnels.

Dans les communes à très forte densité où le nombre d’écoles est élevé, les maires sont confrontés à la même impossibilité. Ainsi pour accueillir 18 000 enfants, à raison d’un adulte pour 20 enfants, une commune doit mobiliser 900 personnes, ce qui représente souvent le double des personnels - ATSEM, animateurs - qu’elle emploie au quotidien aux côtés des enseignants. Encore, faudrait-il que les maries puissent disposer de ces personnels qui eux aussi disposent d‘un droit de grève.

Il n’est donc pas juste de promettre aux parents que leurs enfants seront accueillis les jours de grève et dans le même temps d’ignorer les difficultés inhérentes à un tel accueil et de se décharger de toute responsabilité quant aux conditions et aux modalités d’accueil de ces mêmes enfants sur les communes.

Aussi, dans un souci de responsabilité à l’égard des parents et de leurs enfants, compte tenu de l’infaisabilité manifeste du dispositif et de l’impossibilité pour l’Etat de garantir son égale application partout sur le territoire comme il s’y est engagé en annonçant la création d’un nouveau service public, la présente proposition de loi propose d’abroger la loi du 20 août 2008.

PROPOSITION DE LOI

Article unique

La loi n° 2008-790 du 20 août 2008 créant un droit d’accueil au profit des élèves des écoles maternelles et élémentaires est abrogée.

Les dernieres interventions

Nos propositions de lois Flou et opacité caractérisent ces négociations

Projets d’accords commerciaux entre l’Union européenne, le Canada et les États-Unis - Par / 4 novembre 2014

Nos propositions de lois Les syndicalistes ne sont pas des criminels

Interdiction du fichage génétique des personnes poursuivies pour des faits commis à l’occasion d’activités syndicales et revendicatives - Par / 21 février 2014

Nos propositions de lois Rendre enfin ce texte applicable et efficace pour une réelle sûreté autour des installations industrielles

Moratoire sur la mise en oeuvre des plans de prévention des risques technologiques - Par / 18 octobre 2013

Nos propositions de lois Des moyens financiers permettant aux collectivités d’agir au mieux des attentes et des besoins

Traitement équilibré des territoires par une réforme de la dotation globale de fonctionnement - Par / 6 septembre 2013

Nos propositions de lois Refusons le quatrième paquet ferroviaire

Maîtrise publique du système ferroviaire national - Par / 22 juillet 2013

Nos propositions de lois La santé publique victime d’un véritable plan social

Moratoire sur les fermetures de service et d’établissements de santé ou leur regroupement - Par / 4 juillet 2013

Nos propositions de lois L’Europe en passe d’abandonner le principe d’exception culturelle ?

Respect de l’exception culturelle dans les accords commerciaux Europe/États-Unis - Par / 18 avril 2013

Nos propositions de lois Il convient de revenir sur ces lois iniques

Rétablissement de la confiance et amélioration du dialogue social dans les entreprises de transports - Par / 9 avril 2013

Nos propositions de lois Ni des criminels ni des délinquants

Amnistie des faits commis à l’occasion de mouvements sociaux et d’activités syndicales et revendicatives - Par / 28 novembre 2012

Nos propositions de lois Le logement doit aujourd’hui être déclaré grande cause nationale

Stratégie foncière publique en faveur du logement - Par / 13 septembre 2012

Nos propositions de lois Un programme immobilier aussi couteux qu’inutile

Abrogation de la loi du 27 mars 2012 de programmation relative à l’exécution des peines - Par / 6 juin 2012

Bio Express

Michel Billout

Sénateur de Seine-et-Marne
Membre de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
Elu le 26 septembre 2004
En savoir plus