Les communiqués de presse

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Audition de salariés coréens de Samsung par le groupe CRC

Entre émotion et indignation, des témoignages pour briser le mur du silence -

Par / 7 décembre 2016
Mardi 6 décembre, Michel Billout, membre de la commission des affaires étrangères et vici-président de la commission des affaires européennes, a organisé au Sénat, au nom de son groupe parlementaire, une rencontre avec des membres du syndicat sud-coréen de Samsung, emmenés par Sunghwan Kim, le secrétaire général du syndicat et le Parti démocratique populaire, connu pour sa lutte pour la démocratie en Corée du Sud, représenté par sa chargé des relations internationales, Mme Yungha JIN. Aux côtés de Michel Billout, deux de ses collègues sénateurs, Evelyne Didier, vice-présidente de la commission du développement durable et Dominique Watrin, membre de la commission des affaires sociales et vice-président de la délégation sénatoriale aux entreprises.

Cette rencontre s’effectuait dans le cadre d’une tournée européenne des syndicalistes en France, en Belgique, aux Pays Bas, au Luxembourg, en Allemagne et en Suisse. Leur but : échanger autour des pratiques de la multinationale Samsung, déjà connue pour les violations des droits humains et syndicaux.

JPEGKIM Sung Hwan, responsable de la délégation prend d’emblée la parole. Une interprète-traductrice fait le lien avec les Coréens : « j’ai été licencié en novembre 1996 lorsque j’ai voulu défendre mes droits. Il faut savoir que la firme ne reconnaît pas les syndicats. Ils ne considèrent même pas les salariés comme des êtres humains. Depuis plus de 20 ans, je lutte contre le groupe Samsung en tant que travailleur licencié. A cause de mon action revendicative, j’ai été emprisonné pendant 3 ans et 10 mois. Le groupe Samsung m’a pris en filature et a surveillé illégalement mes communications téléphoniques. Malgré les menaces et les atteintes à mes droits fondamentaux, je n’ai jamais cessé de lutter ». Et le syndicaliste de remercier avec ironie Samsung : « Grâce à Samsung, j’ai été reconnu en tant que prisonnier politique par Amnesty International en 2007 !  ».

Ce que cherche à cacher le groupe Samsung

L’association « Banolim » établie à Séoul, milite en faveur des droits des travailleurs et défend notamment les victimes du groupe Samsung. En 2016, elle a recensé 223 employés de ce groupe atteints de maladies diverses (touchant le sang, sclérose en plaques, leucémies, tumeurs) dont 76 décédées.

Dans la délégation présente, Aejeong Jung témoigne. Son mari était employé de Samsung. Il est décédé à l’âge de 31 ans suite à une leucémie, maladie professionnelle non reconnue par la firme.Les témoignages des autres membres de la délégation vont tous dans le même sens : la plupart des victimes ont commencé à travailler chez Samsung dès la fin de l’adolescence pour manifester dès leurs vingt ans, des problèmes pulmonaires ou des troubles sanguins.
Entre 1998 et 2000, cinq employées de laboratoire de Samsung, ont développé une leucémie. L’une d’entre elles décédera. En juillet 2016, il est établi qu’au minimum quatre sous-traitants de Samsung furent tués dans des accidents du travail ou bien, se sont suicidés en conséquence des mauvaises conditions de travail ajoutées aux contraintes de temps, très rigoureuses imposées par la direction.

Entre février-mars 2016, cinq prestataires extérieurs de Samsung Electronics furent intoxiqués par des vapeurs de méthanol et risquent de perdre la vue. Une nouvelle fois, la responsabilité de la firme n’est jamais engagée. Sous couvert du secret industriel, la firme n’a jamais accepté de dévoiler les composants chimiques qu’elle utilise, empêchant ainsi les syndicats d’établir formellement un lien entre les produits utilisés et les maladies développées.

Des employés « à domicile » pour se soustraire aux réglementations en matière de santé

Une autre forme de contournement des règles de santé des ouvriers est dénoncée lors de cette rencontre par Jisook KIM. Atteinte de leucémie, elle travaillait à domicile pour Samsung avec sa jeune sœur. « Nous avions besoin d’argent pour payer le traitement médical de notre mère. Samsung nous a installé à la maison un poste à soudure au nickel. On a su par la suite que c’était interdit mais trop tard. Ma sœur est morte d’une leucémie… ». Ce témoignage démontre le peu de cas fait de la santé des employés. En effet, à titre d’information, en Europe, des mesures strictes de prévention et de protection doivent être prises pour les travailleurs en contact avec du nickel : éviter l’inhalation de poussières renfermant du nickel, prévoir des appareils de protection respiratoire, séparer les postes et locaux où se déroulent les opérations, éviter le contact des produits avec la peau et les projections oculaires, se doucher et de changer ses vêtements après le travail. Quand cela se passe au domicile, on imagine les ravages que cela produit…

Samsung : un activiste procédurier

Sur 223 victimes effectivement recensées, 11 seulement bénéficieront d’une indemnité reconnaissant le travail comme la cause originelle de la maladie. En moyenne, moins de 10% des demandeurs obtiennent une indemnité. Ce résultat est expliqué par « l’armée de juristes » engagée par Samsung dans l’intérêt de traiter les recours en justice des plaignants. Les dossiers sont traités avec énormément de zèle au point de devenir des manœuvres dilatoires qui finissent par simplement asphyxier le plaignant, légitimant toujours plus le puissant.

Un racket organisé

Le groupe Samsung étant tellement omniprésent dans la société Sud-Coréenne, la firme organise un racket auprès des entreprises sous-traitantes avec lesquelles elle traite. Cette technique s’établit par un système de « don » très simple. Si l’entreprise avec laquelle on travaille, refuse de nous « verser des dons », les relations commerciales s’arrêteront là comme en a témoigné devant les sénateurs Sungchul Choi ancien propriétaire de trois entreprises qui étaient dépendantes, pour la pérennité de son activité, des échanges avec le groupe Samsung.

Ces témoignages qui ont beaucoup touchés les parlementaires et leurs collaborateurs sont à rapprocher d’un rapport de la Confédération Syndicale Internationale (CSI) publié le 6 octobre 2016. " Samsung : une technologie moderne, des conditions de travail médiévales ".

Dans ce rapport (tééchargeable en bas de cette page), la CSI a dénoncé l’attitude du groupe Samsung qui évite de reconnaître ses responsabilités en ce qui concerne, notamment, les maladies professionnelles, la fraude fiscale et les ententes en matière de prix. Le rapport a condamné plus largement les politiques antisyndicales des grands groupes industriels électroniques en Asie.

Téléchargez ici le rapport

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